NonSimone, assieds-toi. Simone, ne touche pas aux plantes. Simone, ne grimpe pas dans le lave-vaisselle. Simone, ne jette pas ton repas par terre. Simone, ne mange pas les fourmis. Simone, attends-moi pour monter l'escalier. Simone, pas si près de la télé. Simone, ne frappe pas. Simone, ne partage pas ta brosse à dent avec le chat.
Voilà une heure. Imaginez une journée.
Ouille !
Ce n'était même pas ma première journée à la garderie. Il s'agissait plutôt d'une sorte de rencontre préalable à mon inscription question de rassurer maman en lui permettant de poser un petit million de questions triées sur le volet à la pauvre Line, bien patiente. Elle ne l'avouera jamais, mais l'idée d'ouvrir les tiroirs et les garde-robes pour voir si un cadavre ne traînait pas par-là lui a traversé l'esprit. Moi, pendant ce temps, j'errais dans la salle de jeu à la recherche d'une activité qui fit honneur à mon calibre intellectuel (je vous parlerai de mon humilité un autre jour) quand j'aperçus un énergumène à quatre pattes et grosse couche qui se dirigeait vers moi à toute allure. J'ai bien voulu l'éviter mais en moins de temps qu'il ne faut pour crier GAAAAAAR (lire : regarde. C'est ce que je sais crier de mieux.), il m'avait attaquée et asséné une vilaine morsure à la joue. Là, j'ai hurlé. Tu parles. Pauvre maman. C'est de loin elle la pire de nous deux. Ma petite maman qui se faisait déjà un sang de cochon à l'idée que je puisse me heurter à l'agressivité des autres. En ce qui me concerne, je n'attends que l'occasion de prendre ma revanche mais maman, elle, n'est pas sortie du bois, avouez.
Papa
Il est écrivain, mon papanovitch. Vous saviez certainement, depuis le temps que je m'en vante. J'en profite, c'est une espèce en voie d'extinction, surtout ceux qui peuvent vivre exclusivement du métier. L'autre jour, je l'ai entendu discuter avec maman de ces papas qui escaladent les ponts pour crier leur colère. Il disait que lui aussi avait envie de le faire, mais pour dire qu'il était un papa heureux, qu'ils existent, les papas qui n'ont d'autre revendication que celle de pouvoir dire - et se faire entendre ! - qu'ils sont bien, qu'ils assument leur rôle à merveille et qu'il est possible de bien s'en tirer avec une garde partagée (et un minimum de bonne volonté). Si j'ai la chance d'avoir une maman à la maison, c'est grâce à papa.
Quenottes
En ce moment même, elles sont quatre. On dit que le corps ne fait qu'une chose à la fois chez les bébés. Le mien, pendant qu'il peine à me donner des dents, refuse de faire le saut définitif vers une vie explorée sur deux pieds.
Rrrrrrrr
Comme dans raisins. Rrrr, ita (pita) et gourt (yogourt) s'annoncent comme les ritournelles de l'été.
Solange
Le second prénom que je porte en l'honneur de ma grand-maman née le 12 février 1938 et décédée le 12 février 2001. Je suis née le 12 février 2005. Un ange est passé, vous dites ?
Théâtre de Marianne
Cadeau de ma marraine. Ce petit film d'animation instrumental d'une quinzaine de minutes constitue une source intarissable de bonheur pour moi. Il m'hypnotise.
Ubiquité
Capacité qu'ont mes parents de se multiplier et de repérer ma prochaine bêtise alors que je me croyais enfin seule devant le rouleau de papier cul.
Vaccin
Très peu pour moi, merci. L'essentiel seulement, c'est-à-dire ceux qui me permettront de voyager en paix plus tard et ceux qui constituent une réelle menace de mort ou d'handicap grave au Québec, en 2006.
Wouf
J'ai un détecteur à wouf particulièrement efficace. J'entends le chien aboyer à tout coup, même lorsque ledit chien s'est transformé en avion. Même chose pour le téléphone. Un jour, il est dans l'emballage de condos à fourmis (moquettes en beurre d'arachide), et le lendemain, le coquin se cache dans la calculatrice. Toutte est dans toutte sera le titre de mon premier livre, tiens.
Xylophone
J'arrache les notes et je les frappe entre elles. Ils sont gentils d'avoir pensé à ajouter des bâtons pour tapocher sur le gros Sim. Vous ne connaissez pas le gros Sim ? C'est un immense pouf poilu et inerte qui passe le plus clair de son temps à arpenter la maison en quête de croquettes.
Zazie
Ma mie. Un chaton tout noir issue de l'union d'une siamoise et d'un quidam qui passait par-là. On l'a eue alors qu'elle était à peine plus grande que la main de maman et qu'elle sautait au lieu de marcher. Zazie demeure la seule qui va savoir m'accrocher un sourire lorsque c'est la dernière option sur terre.

3 commentaires:
Ton papa est écrivain ? C'est bien ! Tu sembles avoir hérité de son talent... et j'ai comme l'impression que maman se débrouille aussi très, très bien... ;-)
Simone, est-ce que ta joue est blessée? Est-ce que tout va bien? :-)
L'événement "garderie" m'a ébranlée... Autant de violence soudaine et gratuite! Je suis comme ta maman, je ne me remets pas instantanément d'une telle histoire.
- À René: Merci du compliment ! Disons que maman a une bonne source d'inspiration...
- À Caroline: Non mais avoue que c'est troublant ! Merci de ton support ;-)
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